• Jean-Marc Zulesi

LOI ÉGAlim : DES PROGRÈS DANS LA TRANSFORMATION DE LA FERME FRANCE, MAIS...


Le 30 mai 2018, l’Assemblée Nationale a voté en première lecture le projet de loi issu des États Généraux de l’Alimentation (EGAlim).


J’ai apporté ma voix à ce texte parce qu’il comporte des avancées dans la transformation de la "Ferme France", dans le soutien à nos agriculteurs et dans l’amélioration de l’alimentation des Français.


Sachons entendre ce cri de nos campagnes


Parmi ces progrès, je veux d’abord souligner l’inversion de la construction du prix, c’est-à-dire le fait de redonner l’initiative aux producteurs dans la négociation commerciale avec la grande distribution. Cette disposition doit permettre de mieux prendre en compte les coûts de production et de définir des prix justes pour les agriculteurs. Sachons entendre ce cri de désespoir de nos campagnes laborieuses : près d’un tiers des agriculteurs gagnent moins de 350 euros par mois.


Autre évolution positive : l’inscription dans la loi de l’objectif de 50% de produits issus de l’agriculture biologique ou labellisés dans la restauration collective. Des meilleurs repas dans les cantines est un enjeu de santé publique mais aussi de justice sociale. Pour une partie des 7 millions d’enfants qui y mangent, issus de familles défavorisées, le déjeuner est le seul vrai repas de la journée. Il est essentiel que celui-ci soit d’une bonne qualité nutritionnelle.


Je relève, enfin, des avancées dans la réduction de l’usage des produits phytosanitaires (séparation des activités de vente et de conseil…), dans la défense du bien-être animal (durcissement des sanctions…) et dans la lisibilité des produits pour le consommateur.


En tant qu’apiculteur amateur et défenseur des abeilles, je me félicite des nouvelles règles sur l’étiquetage du miel : désormais, dans le cas de miels mélangés, les producteurs auront l’obligation d’indiquer le pays d’origine du miel. C’est la garantie de plus de transparence pour les consommateurs et de plus de protection pour les apiculteurs.


La non-interdiction du glyphosate, un rendez-vous manqué


Toutefois, ces progrès ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt : il reste du travail à accomplir pour créer le nouveau modèle alimentaire français.


Faire de la politique, c’est respecter ses engagements et avoir le courage de ses convictions. C’est pourquoi j’ai cosigné et maintenu mon vote pour l’amendement prévoyant l’interdiction du glyphosate en 2021. Ce rejet de l’Assemblée Nationale est un rendez-vous manqué pour la protection de notre environnement mais aussi de nos agriculteurs qui sont les premières victimes de ces produits destructeurs.


Fort de 7 mois de consultation dans ma circonscription, j'avais également porté des amendements visant à renforcer la lutte contre le gaspillage alimentaire, notamment en introduisant un enseignement aux bonnes pratiques dans les écoles.


Je regrette que ces propositions aient été rejetées. Je rappelle qu’en France, 10 millions de tonnes d’aliments sont jetés tous les ans. La lutte contre ce gâchis demande une prise de conscience : sensibiliser nos enfants aux bonnes pratiques alimentaires est une condition sine qua non à l’évolution des mentalités.