• Jean-Marc Zulesi

STRATÉGIE VACCINALE POUR LA LUTTE CONTRE L’ÉPIDÉMIE DE COVID-19


Conscient des questionnements sur la mise en place de la stratégie de vaccination contre le covid-19, je tiens à vous faire état des étapes envisagées par le Gouvernement sur ce sujet. Ce mercredi 16 décembre, cette stratégie a en effet fait l'objet d'un débat à l'Assemblée Nationale.


L’objectif est de vacciner en priorité les personnes pour lesquelles le virus est le plus dangereux. La sécurité et l’efficacité des vaccins est évaluée par des autorités indépendantes, telle que l’agence européenne du médicament (EMA). Par ailleurs, un conseil composé d'une trentaine de citoyens tirés au sort sera ainsi mis en place pour participer à l'élaboration de la stratégie vaccinale, dans le cadre de travaux animés par le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE).


Les médecins généralistes seront en première ligne pour assurer la couverture vaccinale de la population, dans le respect du libre choix des patients de se faire vacciner ou non.


Une mobilisation sans précédent de la communauté scientifique


Actuellement, près de 200 projets de vaccin contre la Covid-19 ont été lancés à travers le monde. Ces vaccins en sont à des stades très différents de développement. Pour faire la preuve de son efficacité et de sa sécurité, un vaccin doit passer avec succès trois phases de test.


Dix vaccins sont aujourd’hui à la dernière phase (phase III), où ils sont testés à large échelle sur l’homme. Les résultats connus des études cliniques des candidats vaccins convergent sur le fait que la vaccination permet de réduire massivement la mortalité due au virus de la covid-19 et à ses formes graves.


La mobilisation exceptionnelle de tous les acteurs mondiaux de la recherche et de la science a permis de développer des vaccins dans des délais inédits qui permettront, en France, d’entamer la campagne de vaccination environ un an après l’apparition du virus.


Une stratégie coordonnée au niveau européen


Dès le printemps dernier, la France a proposé à ses voisins européens d’acquérir conjointement les vaccins contre la covid-19 pour peser dans les négociations avec les laboratoires et pour éviter la logique du « premier arrivé, premier servi », engendrant une compétition inutile et contre-productive.


Six contrats d’approvisionnement ont été signés à cet effet au niveau européen, avec des quantités fixées au prorata des populations des États, soit 15 % pour la France. La France disposera ainsi d’un potentiel de 200 millions de doses, ce qui permettra de vacciner 100 millions de personnes puisque deux doses sont nécessaires par personnes.


Une mise sur le marché régulée par des autorités sanitaires indépendantes


Lorsque les vaccins approchent de la phase finale de leur développement, les laboratoires soumettent un dossier aux autorités de régulation. En Europe, l’agence européenne du médicament (EMA) étudie actuellement 4 vaccins: ceux d’AstraZeneca, de BioNTech-Pfizer, de Moderna et de Janssen.


Avant le 29 décembre 2020, l’EMA se prononcera sur l’autorisation de mise sur le marché du vaccin développé par BioNTech-Pfizer et, avant le 12 janvier 2021, sur celui de Moderna. La décision d’autoriser un vaccin est donc strictement encadrée par l’autorité indépendante européenne et le Gouvernement s’est engagé à ce que tout vaccin mis sur le marché ait bien reçu toutes les autorisations nécessaires.


Une stratégie vaccinale en 3 étapes


La Haute Autorité Sanitaire a établi le 30 novembre un ordre des personnes à vacciner afin de vacciner en priorité les personnes pour lesquelles le virus est le plus dangereux, une recommandation qui sera rigoureusement suivie par la France.

Ainsi, 3 étapes de vaccination sont envisagées :

  • JANVIER : les personnes âgées en EHPAD et les professionnels en établissements accueillant des personnes âgées et présentant un risque accru de forme grave ou de décès, soit environ 1 million de personnes, seront vaccinées.

  • FÉVRIER-MARS : en fonction du calendrier effectif des autorisations de mise sur le marché et de livraisons des vaccins, élargissement progressif du spectre des personnes pouvant se faire vacciner : les plus de 75 ans, puis les personnes âgées entre 65 et 74 ans et enfin les professionnels de santé et du médico-social âgés de 50 ans et plus et/ou présentant des comorbidités.

  • PRINTEMPS : une stratégie de vaccination grand public devrait ensuite être mise en place.

Il est cependant à noter que la vaccination ne sera pas obligatoire. Elle sera en revanche gratuite pour tous. L’objectif est que chacun puisse avoir l’opportunité de se faire vacciner par un professionnel de santé proche de chez lui et qu’il connaît déjà.


Une logistique adaptée


L’organisation et la planification de la première étape de vaccination ont commencé, ce qui constitue un important défi logistique. En effet, le vaccin Pfizer, qui arrivera en premier et sera donc destiné aux établissements pour personnes âgées, présente des caractéristiques particulières : il doit être stocké à - 80°C et une fois décongelé, il doit être administré dans les 5 jours. C’est avec ces contraintes que sera organisée la livraison de plus de 10 000 établissements pour personnes âgées. Une sécurisation industrielle de nos approvisionnements a également été assurée avec une production quasi intégrale sur le sol européen et français, avec des sites de production en Eure-et-Loir et en Indre-et-Loire.


Pour en savoir plus :

Note du Conseil scientifique Covid-19 du 12 décembre 2020 « Accompagner une fin d’année pas comme les autres »


Recommandations de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). « Quelle stratégie vaccinale face à l’épidémie de Covid-19 ? », 15 décembre 2020.