• Jean-Marc Zulesi

TRIBUNE - ÉTANG DE BERRE : APRÈS L'ÉTUDE SCIENTIFIQUE, L'HEURE EST À L'ACTION


Deuxième plus grand étang d’eau salée d’Europe, rassemblant sur ses bords près de 300 000 citoyennes et citoyens, l’étang de Berre est le joyau de notre territoire. Aux côtés des élus et acteurs du territoire, en tant que députés du pourtour de l’étang, nous dépassons depuis le début de notre mandat les clivages partisans pour veiller à ce que son état écologique demeure une préoccupation nationale.

À l’issue d’un long travail d’analyse, le Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable présentait le 12 juillet son rapport sur la réhabilitation de l’étang. En établissant un bilan essentiel des connaissances scientifiques sur l’état écologique de notre étang et en développant des solutions pour sa réhabilitation, ce rapport est une première étape indispensable à la construction d’une feuille de route claire.

Après de trop nombreuses années d’annonces et de promesses sans lendemain, ce rapport résulte d’un devoir de transparence et de sincérité envers nous tous, acteurs du territoire, quant aux solutions réalisables. C’est une opportunité de travailler ensemble à une combinaison de solutions opérationnelles et concrètes pour les habitantes et habitants de notre territoire.

Nous ne protégerons notre étang qu’en agissant ensemble avec force, sur plusieurs fronts. Dans cette logique un plan de réhabilitation doit être rapidement défini :

La réhabilitation de notre étang passe par l’indispensable amélioration de la qualité des eaux rejetées par l’Arc, la Touloubre et la Cadière qui participent largement à la dégradation que nous connaissons.

L’optimisation des rejets d’eau douce et de limon issus de la Durance par la centrale EDF de Saint-Chamas est une nécessité : leur volume et leurs variations ne sont pas neutres pour la masse d’eau et pour la faune et la flore aquatiques. Le rapport pointe l’importance du cycle du phosphore et de l’azote dans le phénomène d’eutrophisation de l’étang et doit donc faire l’objet d’un suivi et d’études complémentaires. C’est donc une réflexion plus approfondie sur le long terme, intégrant la question d’une autre utilisation des eaux de la Durance, qu’il faut mener.

Ces mesures ne sauraient cependant occulter la nécessaire réouverture du canal du Rove afin de faciliter le renouvellement des eaux et favoriser le retour à l’équilibre écologique. Il s’agit d’en préciser les conditions. Car si le rapport souligne l’incertitude des effets d’un pompage pour l’amélioration de l’état écologique de l’étang, au regard d’un investissement initial et de dépenses de fonctionnement importants, c’est une mauvaise lecture que de l’interpréter comme une annonce de renoncement.

Enfin, le développement de filières de traitement des algues, de plantation de Zostères et d’implantation de coquillages autour de notre étang, peuvent venir utilement améliorer les choses. La nature possède ses propres solutions, exploitons-les pour redonner de l’oxygène à nos fonds marins.

L’étang de Berre est un écosystème fragile et complexe qui appelle à des mesures de protection, en concertation avec l’ensemble des acteurs, notamment les pêcheurs. Nous partageons l’impatience des élus et des associations et réaffirmons la nécessité de voir établir rapidement un plan d’action ambitieux et cohérent.

Il y a maintenant urgence à agir et à co-construire une politique d’aménagement durable et ambitieuse pour notre étang.

Signataires :

Jean-Marc Zulesi, député de la 8ème circonscription des Bouches-du-Rhône

Pierre Dharréville, député de la 13ème circonscription des Bouches-du-Rhône

Éric Diard, député de la 12ème circonscription des Bouches-du-Rhône